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“I have visited the Chauvet Cave” : the heritage experience of a rock art replica

“I have visited the Chauvet Cave” : the heritage experience of a rock art replica

Depuis une décennie, les nouvelles technologies et les modèles 3D ont changé la manière de présenter les patrimoines archéologiques et historiques aux publics, et posent la question de « ce qui fait patrimoine ». A partir de la réplique de la grotte Chauvet-Pont d’Arc, un équipe composée de plusieurs membres du labo et de collègues australiens expose dans l’International Journal of Heritage Studies la place de l’expérience et du ressenti d’authenticité dans la construction d’un rapport patrimonial.

Sur la base d’observation de terrain et d’entretiens semi-directifs avec les guides et les visiteurs de la réplique (campagne de 2016 et 2017), les résultats démontrent la dimension performative de la réplique : plus de 90 % des visiteurs ont une expérience patrimoniale authentique, indépendamment du statut de réplique de la copie. Ces résultats attestent du caractère contingent de la notion d’authenticité : loin d’être essentialiste, l’authenticité est un ressenti qui résulte de jeux de négociations (ou encore d’un contrat) entre l’individu et l’objet, le monument ou paysage observé. L’enjeu pour les gestionnaires de lieux patrimoniaux, également confrontés à des enjeux de rentabilité, est de penser des dispositifs à même de faire éprouver aux visiteurs l’épaisseur du temps. Dans ce processus dynamique de création d’authenticité, pierre angulaire d’une expérience patrimoniale, notre analyse fait également ressortir la place centrale occupée par la matérialité dans l’expérience de l’authenticité : « C’est parce qu’on se déplace, parce que notre corps est engagé dans la réplique qu’on a l’impression de visiter la vraie. Faut marcher au milieu de quelque chose pour ressentir une atmosphère » déclare l’un des individus interrogés. L’étude conclue sur la nécessité de conduire des approches comparées avec à la fois d’autres grottes ornées ouvertes au public (Pech-Merle, Font-de-Gaume, Rouffignac) et d’autres répliques (Lascaux IV, Altamira, Ekainberri). Cette approche comparée permettait d’approfondir la place de l’émotion et de l’expérience dans l’attribution de valeurs patrimoniales, et d’observer dans quelle mesure les répliques sont (ou non) plus efficaces et significatives que ne le sont les originaux.

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